Un masque mal choisi peut rendre un réseau difficile à gérer ou gaspiller des adresses. Comprendre le préfixe CIDR, l’adresse réseau et les particularités d’IPv4 comme d’IPv6 permet de calculer un sous-réseau avec méthode, puis de vérifier chaque résultat dans un outil exécuté directement dans le navigateur.
L’article en bref
Le subnetting transforme une plage d’adresses en réseaux plus faciles à planifier et à maintenir. Les règles diffèrent entre IPv4 et IPv6 : les connaître évite les erreurs de masque et d’allocation.
- Lire un préfixe CIDR : Repérer la part réseau et la part réservée aux hôtes.
- Calculer en IPv4 : Déduire l’adresse réseau, le broadcast et les hôtes utilisables.
- Planifier en IPv6 : Choisir des préfixes adaptés aux LAN et aux sites.
- Vérifier les résultats : Comparer les plages et tester les adresses localement.
Une méthode claire rend la planification IP plus fiable, sans calculs approximatifs.
Calculer un sous-réseau IPv4 ou IPv6 avec le préfixe CIDR
Une adresse IP identifie une interface sur un réseau, mais elle ne suffit pas à décrire la taille de ce réseau. Le préfixe CIDR, écrit après une barre oblique — par exemple /24 — indique combien de bits sont consacrés à la partie réseau.
Pour une petite entreprise fictive, Atelier Lumen, diviser une plage en réseaux distincts peut séparer les postes de travail, les imprimantes et les équipements invités. Le calcul fournit alors l’adresse réseau, la plage disponible et, en IPv4, l’adresse de broadcast.
Ce que signifie un préfixe CIDR
Dans 192.168.1.10/24, les 24 premiers bits désignent le réseau. Les 8 bits restants servent aux adresses d’hôtes : le masque correspondant est 255.255.255.0 et le bloc contient 256 adresses au total.
La logique est identique en IPv6, mais l’adresse comporte 128 bits au lieu de 32. Ainsi, 2001:db8::/48 désigne un grand bloc de documentation, que l’on peut subdiviser en réseaux plus petits.
Le calcul binaire derrière le masque
Un masque de sous-réseau convertit la séparation réseau-hôtes en une suite de bits. Pour trouver l’adresse réseau, les bits de l’adresse IP sont combinés avec ceux du masque : les bits d’hôte sont mis à zéro. Un calculateur effectue cette opération en quelques instants, mais comprendre le calcul binaire aide à repérer les erreurs.
Avec 192.168.1.10/24, les trois premiers octets restent inchangés et le dernier devient zéro. L’adresse réseau est donc 192.168.1.0, tandis que les adresses d’hôtes ordinaires vont de 192.168.1.1 à 192.168.1.254.
Masque de sous-réseau IPv4 : adresses, broadcast et hôtes
En IPv4, un sous-réseau classique réserve généralement deux adresses : la première identifie le réseau et la dernière sert au broadcast, qui diffuse un paquet à tous les hôtes du segment. Pour calculer le nombre d’hôtes utilisables, on soustrait donc deux au nombre total d’adresses.
Pour un préfixe /24, il reste 8 bits pour les hôtes : 2⁸ donne 256 adresses, dont 254 utilisables dans le cas courant. Cette règle a des exceptions, notamment les préfixes /31 et /32.
Repères de masques IPv4 courants
Le tableau permet de comparer rapidement le préfixe CIDR, le masque décimal et la capacité d’un bloc. La colonne des hôtes utilisables suit la règle habituelle, sauf pour les deux cas particuliers explicités ensuite.
| Préfixe | Masque de sous-réseau | Adresses totales | Hôtes utilisables courants |
|---|---|---|---|
| /24 | 255.255.255.0 | 256 | 254 |
| /25 | 255.255.255.128 | 128 | 126 |
| /26 | 255.255.255.192 | 64 | 62 |
| /27 | 255.255.255.224 | 32 | 30 |
| /28 | 255.255.255.240 | 16 | 14 |
| /30 | 255.255.255.252 | 4 | 2 |
| /31 | 255.255.255.254 | 2 | 2 sur un lien point-à-point |
| /32 | 255.255.255.255 | 1 | 1 adresse unique |
Les exceptions IPv4 à ne pas manquer
Un préfixe /31 est adapté à certaines liaisons point-à-point : les deux adresses du bloc peuvent être utilisées par les extrémités, sans adresse de broadcast dédiée. Un /32 représente une seule adresse, souvent employée pour une interface de loopback ou une route précise.
Autre repère utile en planification : les plages privées IPv4 sont 10.0.0.0/8, 172.16.0.0/12 et 192.168.0.0/16. Elles sont destinées aux réseaux internes et ne sont pas routées directement sur l’Internet public.
Calcul de sous-réseau IPv6 et choix des préfixes
IPv6 utilise des adresses de 128 bits et n’emploie pas le broadcast. Les communications vers plusieurs équipements s’appuient notamment sur le multicast, ce qui change l’interprétation des résultats : on ne calcule pas une plage d’hôtes utilisables en soustrayant deux adresses comme en IPv4.
Dans un LAN, le préfixe /64 est la référence courante, notamment pour l’autoconfiguration sans état (SLAAC). Les organisations reçoivent souvent des blocs plus larges, tels que /48 ou /56, puis les découpent en réseaux /64 selon leurs besoins.
Ordres de grandeur IPv6
Les nombres d’adresses IPv6 deviennent rapidement considérables. Un /64 contient 2⁶⁴ adresses, tandis qu’un /128 désigne une adresse unique. En pratique, il est plus utile de penser en préfixes et en segments qu’en comptant chaque adresse disponible.
| Préfixe IPv6 | Nombre d’adresses | Usage courant |
|---|---|---|
| /48 | 2⁸⁰ | Bloc souvent attribué à un site |
| /56 | 2⁷² | Allocation adaptée à un petit site |
| /64 | 2⁶⁴ | LAN standard et SLAAC |
| /128 | 1 | Adresse d’interface unique |
Des préfixes spéciaux aident aussi à identifier la fonction d’une adresse : ::1/128 est l’adresse de loopback, fe80::/10 désigne les adresses link-local, et fc00::/7 correspond aux adresses locales uniques. Le bloc 2001:db8::/32 est réservé à la documentation.
Utiliser un calculateur pour vérifier une allocation IP
Un calculateur de sous-réseau réduit les opérations manuelles et facilite la comparaison de plusieurs préfixes. Il suffit de saisir une adresse IPv4 ou IPv6 avec son préfixe, par exemple 192.168.1.10/24 ou 2001:db8::/48, pour obtenir les informations calculées.
Lorsque l’outil fonctionne localement dans le navigateur, les données saisies ne nécessitent pas d’aller-retour vers un serveur. C’est pratique pour tester une configuration ou préparer une allocation IP sans transmettre les adresses à un service distant.
Une méthode simple pour lire les résultats
- Saisir l’adresse : entrer l’IP et le préfixe CIDR dans un format valide.
- Contrôler la version : vérifier que l’outil a reconnu IPv4 ou IPv6.
- Lire le bloc : relever l’adresse réseau et la taille de la plage d’adresses.
- Vérifier les détails : examiner le masque, le broadcast IPv4 et le nombre d’adresses.
- Comparer les préfixes : ajuster la longueur pour évaluer différentes tailles de réseau.
Pour Atelier Lumen, un /28 offre 16 adresses IPv4 au total, soit 14 hôtes utilisables dans un réseau classique. Si les besoins augmentent, comparer ce résultat à un /27 montre immédiatement le compromis entre capacité et segmentation.
VLSM et outils complémentaires
Le VLSM, ou masque de sous-réseau à longueur variable, permet d’attribuer des blocs de tailles différentes au sein d’un même espace d’adressage. On commence par les besoins les plus importants, puis on réserve des blocs plus petits aux segments qui accueillent moins d’équipements : cette approche limite le gaspillage.
Pour poursuivre les vérifications, un générateur d’IP aléatoire peut servir aux essais, tandis qu’un générateur UUID v4 ou un générateur de hash répond à d’autres besoins de développement. Parcourir les autres calculateurs permet de retrouver ces outils associés.
Questions fréquentes sur les masques IPv4 et IPv6
Quelle différence entre /24 et 255.255.255.0 ?
Ce sont deux écritures du même masque IPv4. /24 indique que 24 bits identifient le réseau, tandis que 255.255.255.0 exprime ces bits en notation décimale pointée.
Comment trouver l’adresse réseau à partir d’une adresse IP ?
Il faut appliquer le masque à l’adresse IP : les bits correspondant aux hôtes sont mis à zéro. Un calculateur CIDR réalise l’opération et affiche l’adresse réseau obtenue.
Pourquoi IPv6 n’a-t-il pas d’adresse de broadcast ?
IPv6 remplace le broadcast par des mécanismes multicast. Les paquets peuvent ainsi être envoyés à des groupes d’interfaces concernés plutôt qu’à tous les équipements du réseau.
Pourquoi un réseau IPv6 utilise-t-il souvent un préfixe /64 ?
Le /64 est le format généralement retenu pour un LAN IPv6, notamment pour prendre en charge SLAAC. Des blocs /48 ou /56 peuvent être subdivisés en plusieurs réseaux /64.
Un calculateur de sous-réseau envoie-t-il les adresses saisies à un serveur ?
Cela dépend de l’outil. Un calculateur exécuté entièrement dans le navigateur peut produire ses résultats localement, sans transmettre les adresses à un serveur.




